"Sous l’influence du tourisme, à Paris, les marchands de souvenirs, les vendeurs de vêtements, les boutiques d’objets de décoration, les boutiques de cosmétiques et de parfumerie, une certaine restauration rapide remplacent nombre de commerces de première nécessité. Il en résulte une concentration de l'offre qui provoque un enchérissement de la vie quotidienne. Parallèlement, un nombre croissant d’appartements deviennent des logements provisoires destinés aux touristes après que les propriétaires ont fait partir leurs locataires à bail en augmentant leur loyer au maximum. Cette tendance à l’enchérissement des loyers, qui atteint fréquemment des hauteurs impudentes touche également les locaux professionnels de certains métiers essentiels, notamment les professions de santé. Médecins, infirmiers, kinésithérapeutes et autres professions dont les actes et consultations sont réglementés doivent ou bien faire face à ces augmentations ou bien quitter les quartiers touristiques où ces augmentations de loyer sont lesplus nombreuses et les plus conséquentes ou encore avancer leur départ à la retraite. Dès le milieu des années 1990 des voix s'étaient fait entendre pour appeler les pouvoirs publics, notamment municipaux, à élaborer une politique de régulation des conséquences du tourisme dont on sait que les excès ont provoqué dans certaines villes européennes des effets presque irréparables et des mouvements d'hostilité d'une partie de la population. À quelques mois des élections municipales cette politique de régulation devrait être l'un des premiers éléments des programmes des différents candidats. Il faut pour le moment à Paris se contenter d’un texte qui rend plus risquée et plus coûteuse la fraude aux locations touristiques hors règles, mais sans que l’on aperçoive les moyens de son application tandis que le président de la République appelle à une augmentation de 33% des visiteurs du Louvre, souhaitant porter leur nombre à 12 millions quand le plus grand musée du monde a été conçu pour en accueillir 4 millions. Quand on sait dans quel état est aujourd’hui le Louvre, cela s’appelle compter sur la phtisie pour soigner la tuberculose."