"Le dernier ouvrage de notre invité a été distingué par le prix Anteios du meilleur livre géopolitique."
, créée le 28-05-2023
"Le dernier ouvrage de notre invité a été distingué par le prix Anteios du meilleur livre géopolitique."
, créée le 21-05-2023
"Les éditions du CNRS peuvent parfois intimider les lecteurs, ils auraient tort : l’ouvrage de Cyrille Coutansais peut et doit être mis entre toutes les mains. "
, créée le 14-05-2023
"Une fois n’est pas coutume, ma brève sera négative. Elle s’efforcera de vous dissuader de tomber dans un piège, celui du « Grand Palais immersif », qui propose une rétrospective consacrée à Alfons Mucha, qui est un grand artiste. En revanche, l’immersion promise n’est qu’une grande arnaque. Elle a lieu dans un entrepôt de l’Opéra, en béton brut, pas peint, peut-être même pas nettoyé, et quasiment dans le noir. On peut y voir trois ou quatre projections vidéos de peintures de Mucha, sans aucune explication, quelques kakémonos très mal reproduits, mais surtout une immense boutique de souvenirs estampillés « Mucha ». Je trouve que c’est vraiment prendre le visiteur pour un imbécile que de présenter cela comme une nouvelle forme muséale qui vous plonge dans l’œuvre d’un auteur d’une façon absolument inédite. On nous promet par exemple « les odeurs de Mucha », alors il faut appuyer sur un bouton et vous sentez la rose, bref c’est parfaitement ridicule, et assez cher (16 euros par personne). Bref, une arnaque dont on peut se passer. "
, créée le 14-05-2023
"L’Opéra Comique vient de donner une bonne nouvelle production de Carmen, qui avait le mérite de la simplicité, de la légèreté et de l’absence de prétention. L’œuvre était très bien dirigée par Louis Langrée et le rôle titre admirablement bien tenu par Gaëlle Arquez. Mais surtout c’était un retour historique sur cette scène, puisque c’est dans la salle Favart que l’opéra fut créé, avant de passer au « grand » Opéra. A cette occasion je signale un roman que j’ai trouvé très plaisant, signé du cinéaste Jean Rousselot. C’est l’histoire romancée de la création de Carmen par Georges Bizet, qui comme chacun sait est mort à 36 ans, alors qu’on donnait la 33ème représentation de son œuvre, qui tardait à avoir du succès. Il eut une idylle avec Célestine Galli-Marié, la cantatrice qui fut la première Carmen à l’Opéra de Paris. Le roman est tout à fait délicieux, il est à la fois une illustration des affres de la création artistique et d’autre part des effets de miroir qui peuvent exister entre cette création et la vraie vie. "
, créée le 14-05-2023
"Je vous recommande ce livre d’Isabelle Lasserre, journaliste au Figaro. Elle y décortique le réseau qui a pu amener des responsables politiques français à s’aveugler sur les véritables intentions de Vladimir Poutine. Elle décrit également cette tendance à envisager la Russie d’une façon qui correspond à un ressenti français, mais pas à la réalité russe. Elle est souvent assez dure dans ses jugements, mais on est mieux armé pour analyser l’actualité après la lecture de ce livre."
, créée le 14-05-2023
"Je me suis récemment replongé dans la filmographie de Louis Malle. Il mériterait bien une rétrospective, mais il est vrai que son parcours d’électron libre dans le cinéma ne lui donne pas souvent droit à ce genre d’éclairage. Tous ses films sont accessibles sur internet, on peut donc se faire chez soi sa propre rétrospective sur mesure. On reverra avec beaucoup de plaisir « Zazie dans le métro », réussite totale de l’adaptation cinématographique d’un certain ton littéraire, celui de Queneau, mélange très singulier d’insolence et de fantaisie. On pense évidemment à « Ascenseur pour l’échafaud » ou aux « Amants ». On peut s’émerveiller de la diversité d’inspiration de ses films, du « Voleur » (magnifique adaptation de l’écrivain anarchiste Georges Darien), à « Milou en Mai » en passant par « Au revoir les enfants » très prenant et certainement autobiographique, « Le souffle au cœur », « My dinner with André » (sorte de non-film) ou « Lacombe Lucien », qui en son temps avait suscité de grands débats. "
, créée le 14-05-2023
"L’ouvrage que je vous recommande est moins léger que Carmen. Hugo Micheron est un chercheur dont j’apprécie beaucoup le travail. Il s’agit d’une enquête très approfondie, le travail de recherche est extrêmement sérieux, Micheron parle parfaitement l’arabe, ses sources sont donc très directes. C’est une interrogation sur l’origine du djihadisme en Europe, mais aussi sur son devenir. Comment on est passés de la colère à l’oubli. La question du djihadisme reste très présente, car les gens radicalisés emprisonnés commencent à être libérés, et rien n’indique que leurs convictions aient changé … Au-delà des attentats, il s’agit de réussir à comprendre ce qui a permis au djihadisme de devenir cet enjeu politique, sociétal et démocratique absolument majeur. Le livre montre comment des Etats aux histoires très différentes, qu’ils aient un passé colonialiste ou non, ont connu cette implantation du djihadisme. Comment des petits groupes ont eu une réelle stratégie d’entrisme dans certains quartiers, et les conséquences que cela a pu avoir. Vraiment remarquable. "
, créée le 07-05-2023
"Le livre qu’a publié notre invité en 2023."
, créée le 30-04-2023
"Ma brève revient sur le débat à propos de la neutralité suisse puisqu’elle plonge au coeur de ce qui l’a permise : les guerres napoléoniennes, et l’intervention des troupes de Napoléon sur la Constitution de la Suisse moderne. Je fais référence à l’acte de médiation de 1802, et à la biographie du maréchal Ney qui vient d’être publiée, signée de Franck Favier. Lorsque Napoléon décide de mettre de l’ordre en Suisse, qui à l’époque (entre 1798 et 1802) est particulièrement turbulente, il y envoie le plus brave de ses généraux. Ney prendra la tête de l‘occupation napoléonienne en Suisse, et cela aboutira à l’acte de médiation de 1802, qui permettra au canton de Vaud où nous enregistrons d’échapper à la férule de Berne. Ce très beau livre raconte tous les tourments de ce militaire héros des champs de bataille, mais nigaud et assez buté sur beaucoup d’autres points."
, créée le 30-04-2023
"Je recommande très vivement ce film russe, signé de Natalya Merkulova et Aleksey Chupov. Il est sorti en 2021, ce qui signifie qu’il a été fait vers 2019-2020. Il serait tout à fait impossible qu’il soit fait dans la Russie d’aujourd’hui. Bien sûr à cause de la guerre et du verrouillage des diverses formes d’expression, mais aussi parce qu’il pose - entre autres- la question de la mémoire du stalinisme, une question décisive. Si décisive qu’on voit bien l’action que Poutine a mené contre ceux qui tentaient d’entretenir la vérité à son propos. Ici, on est en plein dans le pire de cette période, les années 1936 à 1938, au moment de la grande purge de 1936 et de la famine en Ukraine. A Saint-Petersbourg, le capitaine Volkonogov fait partie des équipes chargées d’arrêter les suspects, de fabriquer des accusations, des preuves et de passer aux exécutions. Et un jour, alors qu’il comprend que son sort sera le même que celui des gens qu’il a torturés et assassinés, il s’échappe. Et pendant sa fuite, il a une révélation. Premièrement, qu’il y a une vie après la mort et que le paradis existe, et deuxièmement qu’il n’y entrera jamais s’il n’y a pas au moins un parent de l’une de ses victimes qui le pardonne. Il part alors en quête de cette rédemption. Je ne connais pas d’autre film avec un sujet pareil. En tous cas celui-ci en parle d’une manière extrêmement forte. C’est un petit film, il est sorti il y a quelques semaines en France, on pouvait donc craindre que son sort commercial ne soit rapidement scellé. Or le jour où j’y suis allé, j’ai eu la bonne surprise de voir que la séance était complète. Espérons que cet engouement continuera, et qu’il portera longtemps cette magnifique expression du cinéma russe."
, créée le 30-04-2023
"C’est un film suisse que j’ai pour ma part envie de vous recommander. Je l’ai trouvé incroyable. Il raconte la façon dont Pierre Kropotkine, le célèbre anarchiste russe, va découvrir l’anarchisme en Suisse, dans le Jura, dans une usine d’horlogerie, par le biais d’une romance avec une jeune ouvrière prénommée Joséphine. On explique très bien dans le film comment dans ce milieu des ouvrières de l’horlogerie, contraintes à toujours plus de productivité à mesure que le XIXème siècle s’avance, on est fasciné par la Commune de Paris, par l’anarchisme en général. C’est ce qui changera Kropotkine, qui disait : « quand je quittai ces montagnes, après un séjour de quelques jours au milieu des horloges, mes opinons sur le socialisme étaient faites : j’étais anarchiste ». "
, créée le 30-04-2023
"Je vous recommande la lecture du dernier ouvrage d’Erri De Luca, écrivain italien, qui vient de sortir chez Gallimard ce recueil de cinq nouvelles. D’abord parce que l’auteur est un personnage assez étrange : ancien communiste, anarchiste, proche à un moment des mouvements violents italiens. Il a fait de la prison, il a travaillé dans les usines, a voulu faire sa révolution ouvrière chez Fiat alors qu’il venait d’un milieu aisé, et puis un jour il a découvert la Bible et est devenu un érudit de la Torah et du Talmud. C’est aussi un alpiniste chevronné. Tout cela crée un personnage très épuré, très sec, semblable à sa langue, qui est aussi très lumineuse. Ce recueil parle de la paternité, au sens des rapports père-fils (il n’y a pas de filles dans ces histoires). Dans une nouvelle intitulée « leçon d’économie », un père se rend compte que son fils qu’il a élevé dans les livres et la culture et qui est ouvrier chez Fiat, écrit quand il rentre chez lui le soir, dans sa petite chambre de bonne. Un jour le père lit ce qu’écrit son fils et lui propose un salaire pour ne faire qu’écrire. Et le fils refuse. Et c’est la plus grande incompréhension qu’il y aura de leur vie entre Erri De Luca et son père. Et c’est raconté d’une façon exceptionnelle."