Les brèves

Des mots et des actes : les belles-lettres sous l'Occupation

Jean-Louis Bourlanges, créée le 12-01-2025

"Je vous recommande ce livre de Jérôme Garcin, qui tente de répondre à la question de Proust (dans « contre contre Sainte-Beuve ») : une œuvre est-elle indépendante de la vie de l’auteur qui l’a produite ? Garcin a longtemps pensé que oui, mais a fini par changer d’avis, et dans ce livre il situe un ensemble d’écrivains dans l’histoire de l’Occupation, et c’est un festival, ou quelques héros côtoient des collaborateurs assez ignobles, comme Paul Morand ou Robert Brasillach … Doit-on pour autant ne plus les lire ? Je crois une non. De Gaulle avait raison de condamner Brasillach en tant que figure intellectuelle, en tant que chef, ayant entraîné dans son sillage nauséabond des milliers de gens. Mais quand ils ont du talent (et dans le cas de Morand c’est incontestable), il faut continuer de lire les écrivains, car comme le disait Blaise Pascal : « cela est d’un autre ordre »."




Une sacrée envie de foutre le bordel : entretiens avec Jean-Louis Missika

Richard Werly, créée le 12-01-2025

"J’ai voulu m’intéresser à ce que nous avons de plus comparable à Elon Musk en France : l’entrepreneur Xavier Niel. J’ai donc lu ce livre d’entretiens avec Jean-Louis Missika, que je vous recommande, car il est éclairant sur le parcours du PDG de Free, et surtout de ce qui le différencie de Musk, outre les caractères, la taille des fortunes ou la dimension des marchés touchés : Niel n’est pas en guerre. Certes, il construit sa fortune et son empire technologique et commercial contre ses concurrents, et sur la ligne jaune de la légalité, mais il reste dans le jeu de la légalité et du capitalisme. Musk est au contraire bel et bien en guerre contre une partie de la société, qu’il estime décadente."


Hillbilly élégie

Philippe Meyer, créée le 12-01-2025

"Je voudrais recommander la lecture du livre d'un personnage qui a un peu disparu à la faveur de la montée d’Elon Musk, le vice-président élu James David (J.D) Vance. Hillbilly élégie, disponible en poche, n’est pas l’œuvre d’un styliste ni d’un penseur politique, mais c’est peut-être le livre qu’aurait pu écrire un de ces gilets jaunes, qui ne sont pas que l’apanage de la France. (Lapsus significatif de cette lecture, j’avais d’abord écrit Hillbilly énergie). C’est aussi le livre d’un homme qui pourrait être appelé à succéder à Donald Trump avant le terme de son mandat si l’âge ou surtout la violence dont il a été par deux fois le rescapé ne venait à éliminer celui qui a à maintes reprises mis les règles cul par-dessus tête."


michelrocard.org

Philippe Meyer, créée le 05-01-2025

"Par ailleurs, vous trouverez sur ce site toutes les archives concernant l’action de Michel Rocard, avec des vidéos, etc. Et une lettre d’information à laquelle il est possible de s’abonner. On peut notamment y voir une réaction de Michel Rocard à une chose inexacte et méchante que Jacques Chirac avait dit à propos de sa façon de gérer les finances. La manière dont il répond est tout à fait remarquable, débarrassée de toute espèce de blessure narcissique. Il explique simplement en quoi c’est faux, et la façon dont la rédaction du Monde a refusé de publier les véritables chiffres, au lieu des mensonges de Chirac … "






La plus précieuse des marchandises

Béatrice Giblin, créée le 15-12-2024

"Je vous conseille ce film d’animation, de Michel Hazanavicius qui l’a non seulement réalisé mais aussi dessiné. C’est l’adaptation d’un conte de Jean-Claude Grumberg, qui malgré l’horreur de son sujet, la Shoah, réussit à dérouler son récit de façon relativement apaisée. La barbarie est bien présente, mais aussi toute l’humanité des personnages, tout ce que les humains peuvent avoir de meilleur dans des situations tragiques. Le fait qu’il s’agisse d’un conte donne à cette histoire de seulement quelques personnages une ampleur universelle. Le dessin permet de toucher le réel d’une façon autre, décalée, mais très précieuse. "


La Mouette

Philippe Meyer, créée le 15-12-2024

"Pourquoi faut-il aller voir La Mouette d’Anton Tchekhov mise en scène par Stéphane Braunschweig au théâtre de l'Odéon où elle sera donnée jusqu'au 22 décembre ? Pour la traduction d'André Markowicz et Françoise Morvan, fluide, naturelle, précise. Pour la mise en scène et la direction d’une petite troupe sans faiblesse, avec des actrices et des acteurs qui jouent dense et dépouillé et qui rendent jusqu'au creux et aux non-dits de leurs échanges. Et puis bien sûr, pour la pièce, pour la manière dont son atmosphère nous enveloppe, pour cette visite à un monde borné et finissant, pour tout ce qu'il a de semblable au nôtre, pour tous les vains soupirs et toutes les vaines prétentions d'hommes et de femmes qui ont renoncé à être les acteurs de leur propre destin et qui ne se privent pas d’empêcher les autres d’être les leurs. Pour plus d’arguments, voir la critique de Catherine Robert dans la Terrasse (en lien avec cette brève)."